Affichage des articles dont le libellé est HISTOIRE. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est HISTOIRE. Afficher tous les articles

19/01/2014

HAMADOU AHIDJO MASSACRE BAMILEKE ET BASSA DE 1958 A 1982

  QUELQUES DATES DE IMPORTANTES POUR BAMILEKE ET BASSA


Le 03 janvier 1964. Kamdem Ninyim Pierre. Ancien chef Baham, ancien ministre de la Santé dans le premier gouvernement Ahidjo, député apparenté FPUP qui rejoint les rangs de l’UC en 1961, est exécuté sur la place public à Bafoussam.  
11 janvier 1968. Ahmadou Ahidjo nomme Salomon Tandem Muna au poste de premier ministre du Cameroun occidental. Muna avait ainsi gagné le bras de fer qu’il avait engagé contre John Ngu Foncha son ancien partenaire dans le KNDP. Ahidjo, qui avait refusé de mettre fin au mandat ministériel de Muna et de Egbe Tabi, comme le souhaitait Foncha, prenait parti pour les dissidents, il savait que ces derniers, contrairement à Foncha avaient adhéré à l’idée d’un parti national unifié.
Le 06 janvier 1971. La condamnation de Mgr Ndongmo. L’évêque de Nkongsamba, accusé d’avoir organisé un coup d’Etat contre le président Ahidjo avec la complicité du chef de l’UPC Ernest Ouandié est condamné à mort ainsi que deux de ses coaccusés.
Le 15 janvier 1971. L’exécution de Ouandié Ernest. Le dernier chef historique de l’UPC, qui avait refusé de faire un recours en grâce auprès du président Ahidjo et deux de ses lieutenants, Raphaël Fotsing et Gabriel Taben, sont transférés à l’aube de Yaoundé à Bafoussam dans le pays bamiléké dont ils sont originaires. A 10h22, en présence d’une foule de personnes invitées sur la grande place, ils furent exécutés.
Le 11 et 12 février 1961. Un référendum est organisé au Cameroun britannique. Les populations du Nord et du Sud avaient le choix entre le rattachement au Nigeria ou au Cameroun français. Le Sud opta pour l’intégration au Cameroun par 233 571 voix contre 97 741. Le Nord opta pour l’intégration au Nigeria par 146296 voix contre 97 659.
Le 30 mars 1947.Le dernier congrès de l’UNICAFRA. A Douala sous les cendres de l’UNICAFRA, une nouvelle organisation affiche clairement ses distances avec l’administration coloniale. En prônant la naissance d’un mouvement unitaire, les anciens sympathisants de l’UNICAFRA fonde le Rassemblement Camerounais (RACAM ) qui a pour slogan « Camerounais de toutes les races et de toutes les classes, unissez-vous ». Il posera les bases de l’UPC.
Le 13 mars 1959.Le vote de l’ONU, l’émergence d’Ahmadou Ahidjo et le dernier combat de l’UPC. L’Onu donne le feu vert à la fin de la tutelle sans préalable. Malgré la forte opposition des leaders de l’UPC en exil et des pays progressistes, qui souhaitaient comme préalable l’abrogation du décret de dissolution de l’UPC, et l’organisation des élections législatives sous l’égide de l’ONU avant l’indépendance, le vote de l’ONU est favorable aux hommes de Yaoundé. La France et l’ONU écartent définitivement les nationalistes de l’arène politique camerounaise. (Voir Un jour et l’Histoire)

Le souffle de la mort plane sur le Cameroun en ces mois d’avril. Si dans le pays Bassa l’on enterre sans tambours et trompettes les illusions combattantes de l’UPC, les violences du pouvoir sèment la mort et poussent à l’exil extérieur et intérieur. 
 Le 12 avril 1959. La mort officielle dans le pays Bassa de l’aile combattante de l’UPC.Après le ralliement de Mayi Matip et de plusieurs militants du maquis Bassa, sous l’instigation du gouvernement Ahidjo, une élection législative partielle est organisée dans le pays Bassa. En favorisant l’entrée à l’ATCAM des anciens maquisards sous la conduite de Mayi Matip, elle certifie l’existence d’une UPC dite légale et amène à confiner dans le registre du banditisme et du terrorisme les actions de l’aile Bamiléké de l’UPC. 
Le 24 avril 1960. L’incendie du quartier Kongo à Douala. Un gigantesque incendie embrase le quartier populaire Kongo de Douala qui est présumé abriter une forte communauté des sympathisants de l’UPC. Aucun rapport n’a pu établir les origines et le nombre des victimes.
 Le 16 avril. La mort du vice-président Abel Kingue . Quatre années après la mort du président Félix Roland Moumié, le malheur frappe une fois de plus la famille des nationalistes camerounais à l’étranger. Abel Kingue, vice-président depuis 1952  et réfugié en Egypte, meurt le 16 avril au Caire. Dernier des cadres de l’UPC à partir du Cameroun. C’est sous l’insistance du Secrétaire général  Ruben Um Nyobé, qu’il abandonne le maquis qu’il avait organisé après les évènements de mai 1955 pour se réfugier au Cameroun occidental.

10 avril 1999. Mort de John Ngu Foncha. L’ancien vice-président du Cameroun fédéral est décédé à Bamenda à l’âge de 83 ans. Sympathisant actif de l’UPC au début des années 1950, il fut un temps secrétaire exécutif de l’éphémère comité d’unification né dans le Cameroun occidental après la dissolution de l’UPC. Malgré l’opposition des membres de sa famille, le 24 avril 1999, lors de ses obsèques, le représentant du chef de l’Etat, Cavayé Yeguié Djibril, l’a fait à titre posthume grand cordon du mérite camerounais.
Mai 1955. La fin du combat politique de l’UPC. Des émeutes embrasent une partie du pays.
Le mois de mai 1955 fut très chaud. Des incidents violents éclatent à Douala, Yaoundé, dans le pays bassa et le Moungo. Ces incidents opposent les militants nationalistes de l’UPC plus déterminés que jamais, à l’armée coloniale. On signale des morts et des blessés de part et d’autre. Les principaux leaders nationalistes, de crainte d’être arrêtés, choisissent soit le maquis, c’est le cas de UM NYOBE, soit de s’exiler au Cameroun occidental, sous administration anglaise. Deux mois plus tard, la dissolution de l’UPC est prononcée par l’administration coloniale française.
Le 20 MAI 1972. La naissance de l´unité nationale. La République fédérale devient République unie du Cameroun.
C’est la conséquence du référendum du 20 mai 1972, où une majorité de Camerounais se déclarent favorable à l’instauration de l’Etat unitaire. Ahmadou  Ahidjo, alors chef de l’Etat et principal artisan de ce projet,invoqua des raisons d’économie budgétaire et de souplesse administrative,mais surtout d’unité nationale. L’Etat Fédéral du Cameroun comprenait en effet trois gouvernements et quatre assemblées.  Après plus de quarante ans  , les Camerounais étaient à nouveau dans un sel et même Etat
Le 5 mai 1960. Le premier président camerounais. Ahmadou Ahidjo est élu président de la république du Cameroun

L’élection de celui qui était jusque-là le premier ministre du Cameroun oriental n’est pas une surprise dans une assemblée où son parti, l’Union camerounaise,  détient la majorité des sièges (51 sur 100). Allait s’ouvrir un quart de siècle de règne pour celui qui aura jeté les bases institutionnelles de l’Etat moderne du Cameroun.

Le 13 juin 1957. Les nationalistes camerounaises de l’UPC deviennent des persona non grata dans la zone anglaise. Interdiction de l’UPC au Cameroun occidental sous administration anglaise.

Au petit matin du 13 juin 1957, les principaux responsables francophones de l’UPC qui s’étaient réfugiés dans la ville de Kumba, en zone anglaise, sont arrêtés et conduits manu militari à Victoria (Limbé).Après quelques jours de détention, ils seront expulsés vers Khartoum au Soudan. Ainsi allait commencer la longue errance des leaders upécistes à travers le monde, mais aussi l’internationalisation de la lutte pour l’indépendance du Cameroun. Il convient de rappeler que ce parti était interdit en zone française depuis mai 1955

Le procès fondateur du régime autoritaire.
Le 11 juillet 1962. Théodore Mayi Matip, Bebey Eyidi, André Marie Mbida, et Charles Okala furent les premières victimes des lois sur la subversion. Ils écopèrent de trois ans de prison ferme pour menées subversives et détention d’armes. Rassemblés dans le Front national unifié, depuis juin 1962, ils publièrent un manifeste dénonçant les visées antiparlementaristes et autoritaires du régime Ahidjo. En se présentant comme les défenseurs du sud, ils s’élevèrent contre le parti unique sous jacent et contre « une dictature de type fasciste ».

La naissance de l’Etat fédéral du Cameroun

14 août 1961. L’assemblée nationale du Cameroun adopte la première constitution fédérale pour le Cameroun et écarte, selon les souhaits du président Ahidjo, toute forme de régime parlementaire.


La tragédie du lac Nyos

21 août 1986 .Une grande explosion due à une accumulation de gaz dans le sous sol (Lac nyos) a lieu dans la région du Nord-Ouest (Cameroun). Le gaz carbonique qui s´échappe de la faille provoque la mort de près 2000 hommes, et entraîne le déplacement de milliers d´habitants de la région


La mise sur pied du parti unique.

1er septembre 1966. La naissance de l’Union nationale camerounaise (UNC). Fruit du ralliement à l’Union camerounaise (UC) du président Ahidjo des partis d’opposition (sauf l’Union des populations du Cameroun, UPC) et des formations dominantes de chacun des Etats, notamment le Kamerun national democratic party (KNDP) du vice-président Foncha.

L’assassinat de Ruben Um Nyobé

Le 13 septembre 1958. Le secrétaire de général de l´Union des populations de Cameroun (UPC), Ruben Um Nyobé est assassiné dans le maquis du pays Bassa. La mort du leader nationaliste camerounais, dans la clandestinité depuis juillet 1955, marque la fin de l´aile bassa de la lutte pour l´indépendance du Cameroun.

L’Etat d’alerte dans la région bamiléké

Le 29 septembre 1959. L’état d’alerte est proclamé dans la région bamiléké. Il donne aux chefs de circonscriptions tous les droits sur les habitants. Ils récupèrent toutes les armes à feu et éloignent tous ceux qui ne peuvent prouver leur résidence. Cette situation devient permanente jusqu´à l’ordonnance n°2 du 12 janvier 1960.

29 octobre 1959. Le non de Daniel Kemajou Le député Daniel Kemajou prend la tête d’une poignée d’élus pour s’opposer au vote des pleins pouvoirs à Ahmadou Ahidjo. Dans un discours emprunt d’émotions, de passions et surtout de politique, l’ancien président de l’Assemblée législative du Cameroun tente de faire barrage à la mise en place de l’un des rouages essentiels du « Régime Ahidjo ».Voir un jour et l’histoire.
3 novembre 1960. La mort du président de l’UPC Félix Roland Moumié. Deux années après la mort de son secrétaire général, Ruben Um Nyobé, l’annonce de la mort à Genève du président de l’UPC en exil plonge dans la désolation une grande partie de la population camerounaise. Victime des services secrets français, Félix Roland Moumié disparaît et marque un point final à l’espoir d’une véritable indépendance du Cameroun.
4 novembre 1982. La démission d’Ahmadou Ahidjo. Après 24 années de pouvoir sans partage à la tête du pays comme du parti unique (UNC), le président Ahidjo, sans aucune forme de justifications, cède sa place à son premier ministre et successeur constitutionnel Paul Biya.
6 novembre 1982. La naissance du Renouveau. Paul Biya prête serment et devient le deuxième président du Cameroun. Il a comme premier ministre Bello Bouba Maïgari. Le concept de renouveau fait naître beaucoup d’espoirs.

30 novembre 1989. La mort d’Ahmadou Ahidjo. La nouvelle est susurrée dans les gargottes et les bars des centres urbains. La mort à Dakar (Sénégal) du premier président du Cameroun n’a pas troublé les habitudes ni à l’ambassade du Cameroun à Dakar où flottait toujours le drapeau camerounais au passage du maigre cortège funéraire, ni dans les médias officiels du Cameroun.
15 décembre 1957. La rébellion prend pied dans le pays bamiléké. L’assassinat du député Samuel Wanko introduit dans l’Ouest Cameroun les vagues de violences qui touchaient les représentants de l’Etat dans les centres urbains et les localités proches de Douala et du pays Bassa. Le député des Paysans indépendants est assassiné ainsi que six autres personnes dans une embuscade près de Bafoussam.
18 décembre 1957. Le gouvernement Mbida se radicalise. Le premier ministre s’oppose à toute option politique susceptible de ramener l’UPC dans la légalité et le calme dans le pays Bassa. En voyage à Paris, il obtient le renforcement des effectifs de l’armée, notamment trois compagnies supplémentaires de soldats français.
Le 26 décembre 1970. Le procès du coup d’Etat des anges. S’ouvre à Yaoundé le procès contre le dernier chef de l’UPC Ernest Ouandié et de Mgr Ndongmo, Evêque de Nkongsamba, accusés d’avoir tenté de renverser le régime du président Ahidjo. Ce dernier, face à l’émotion suscitée par l’affaire, s’exprime à la veille du procès et affirme : « Le procès de Mgr Ndongmo ne sera ni celui d’une ethnie, ni celui d’une religion ».
 La rédaction. Histoire-du-Cameroun.Com©

06/11/2013

GENEALOGIE DE LA DYNASTIE DES FO'O NDONG




Écrit par Pr DONGMO Jean Louis, Pr TSALEFAC Maurice & all, 1992   
GENEALOGIE DE LA DYNASTIE DES FO’O NDONG
La dynastie des Fo’o Ndong qui a comme héritier actuel le Chef Kana III a joué un rôle déterminant dans I'histoire de Bafou. Aussi avons-nous choisi d'utiliser sa généalogie comme axe central pour présenter cette dernière. Nous donnons cette généalogie en tête de notre exposé pour que le lecteur dispose dès le départ d'un cadre qui servira à classer les événements.
1. Quatre versions partiellement divergentes
Reconstituer aujourd'hui la généalogie de la dynastie des Fo’o Ndong n'est pas tâche facile. En effet les informateurs sont rares et leurs déclarations partiellement divergentes, la tradition orale ayant pendant longtemps véhiculée seule I'information jusqu’à sa récente mise par écrlt.
En écartant Ies fantaisistes et en comptant pour une seule toutes celles tributaires d'une même source, nous avons identifié quatre versions distinctes de la généalogie des Fo’o Ndong. Par ordre chronologique de leur mise par écrit il s'agit de :
1 - la version recueillie en 1935 à I'occasion d'une tournée à Bafou par un administrateur fran­çais des colonies en poste à Dschang, A. Raynier ;
2- celle communiquée par le Chef Kana II aux auteurs de I' Almanach Nufi publié en 1967
3- celle recueillie en 1968 par un groupe d'élèves et étudiants ressortissants de Bafou dans le cadre de la semaine culturelle de leur association;
4 - celle contenue dans le mémoire présenté par Nguefo Tsango Edouard en 1984 à l'Ecole Normale Supérieure de Yaoundé pour I'obtention du DIPLEG d'Histoire.
Version de Raynier
(1935)
Version de I' Almanach Nufi
(1967)
1- Nchemza
2- Njimetotchou
3- Fokekok
4- Ntoatanha
5- Agokpoua
6- Ndabchou
7- Mfozap
8- Totanha
9- Tchounlepap
10- Kana
11- Ngouadjeu
1- Njeumetotchou
2- Njeuzongteu
3- Njeumezazong .
4- Leparzak
5- Mboupti
6- Daptchou
7- Ghopouoh
8- Zebaze dit Fozap
9- Ntotang
10- Tekongmo dit Tchounlepap
11- Kana 1er dit Nkonglah
12- Ngouadjeu dit Mbapngong
13- Kana II dit Ndeuk.
Version des élèves et étudiants Bafou
(1968)
Version de Nguefo Tsango
(1984)
1- Fodong-Ndaptchou 1 dit Njeu-Meto' otchou
2- Fodong - Njeumeza - Nzong
3- Fodong - Njeu - Nzong - Nteuh
4- Fodong - Lepac - Nzack
5- Fodong -Mboumte
6- Fodong - Ag'hieg - Pio' oh
7- Fodong - Ndaptchou II
8- Fodong - Zebaze
9- Fodong - Nto'o Tan'ha
10-Fodong - Tekongmo
11- Fodong - Kana I
12- Fodong - Ngouadjeu
13- Fodong - Kana II
14- Fodong - Kana III
1- Ndaptchou I
2- Njemeza
3- Njeuzong
4- Lepac Nzac
5- Ago Pouo
6- Ndaptchou II
7- Fozap
8- Nto'o Tanha
9- Tekongmo dit Tchounlepap
10- Kana 1er
11-Ngouadjeu
12-Kana II
13- Kana III
2 - Analyse et tentative de résorption des divergences
En faisant abstraction des différences orthographiques parce qu'elles traduisent seulement la difficulté de transcrire avec I'alphabet français les sons de la langue Bafou, on trouve dans toutes les 4 versions ci-dessus les mêmes noms et le même ordre (sauf I'interversion de Ghopouoh et de Ndaptchou dans la version de I' Almanach Nufi) en remontant la généalogie à partir du Chef actuel jusqu'au 9e règne plus haut dans le temps. Il y a donc unanimité sur les 9 derniers Chefs, ce qui traduit I'efficacité de la tradition orale pour I'histoire proche ou peu éloigne.
Par contre au-delà du 8e ancêtre du Chef actuel apparaissent les divergences. Celles-ci portent aussi bien sur I'ordre des Chefs que sur leurs noms et par conséquent leur nombre. D'une manière générale, on peut les imputer aux faiblesses de la tradition orale, mais ce qui nous importe davantage c’est de retrouver les mécanismes par lesquels a été déformée ou perdue I'information. Notons tout de suite que les défaillances incriminées ici concernent aussi bien la mémoire collective (auquel cas l’information est déformée ou perdue pour tout le monde) que la mémoire individuelle (dans ce cas I'informateur concerné est seul défaillant, I'information pouvant avoir été bien conservée chez d'autres).
Certes a Bafou comme d'ailleurs dans toute I'aire de la civilisation bamiléké ou I'on a I'habitu­de de conserver les cranes des ancêtres pour leur offrir des sacrifices, I'oubli total d'un Chef est incon­cevable. Cependant I'oubli d'une partie de la désignation reste parfaitement possible et s'est même probablement produit pour cette période reculée dont les Chefs ne sont plus connus aujourd'hui que soit par leurs noms, soit par leurs surnoms. La conséquence c'est qu'il peut arriver aujourd'hui que I'on prenne le nom et le surnom d'un même Chef, désormais dissociée, comme deux personnes diffé­rentes. Ainsi, dans la version de 1968, ou prendrait Ndaptchou I et Njeumetotchou pour 2 Chefs différents. D'autre part, il est probable que le Fokekok qui veut dire «Chef mince ou petit» soit le surnom de Lepacnzac : en effet la tradition attribue a ces deux noms situés à peu prés au même rang, une meme oeuvre qui est d'avoir reculé légèrement les limites du territoire.
Avant de poursuivre notre analyse, ouvrons une parenthèse sur les surnoms. Ces derniers peuvent être :
- soit une contraction du nom précédée en position de préfixe du mot « fo » qui signifie Chef, exemple Fozap pour Zebaze ;
- soit une description condensée basée sur le trait dominant de la personnalité (exemple Agheo’ peoh, c’est-à-dire « qui ne veut pas risquer ses gens », surnom reprochant au chef concerné son pacifisme dommageable), ou sur une originalité vestimentaire (ex : Nto’o Tang’ha, c’est-à-dire « qui porte un large chapeau », Tchounlepap c’est-à-dire « qui noue autour des reins un pagne court »).
Fermons cette parenthèse pour reprendre notre analyse. Nous en arrivons à un second principe explicatif des divergences. Il est constitué par une pratique linguistique que nous proposons d’appeler « abréviation des noms de noblesse par élimination compensatrice de la syllabe terminale ». Plus précisément il s’agit de ceci. A Bafou, quand quelqu’un est anobli par le Chef ou succède à un père noble, son nom s’allonge de l’un des préfixes Nkem, Njié, Fo’, Assobo, Ntsuete, Assa’a, etc. … selon la série à laquelle il accède, puis il peut perdre dans la bouche de certains usagers se dernière syllabe comme pour compenser l’allongement entraîné par lé préfixe. Ainsi par exemple : Voufo en devenant Nkem s’appellera Nkemvoufo, en abrégé Nkemvou. Dans le cas de la généalogie qui nous intéresse ici :
- Mezanzong en succédant à son père qui était Njié a pris le nom de Njiemezanzong, en abrégé Njiemeza (2è nom de la version de 1984)
-Nzongteu en succédant à son père qui était Njié a pris le nom de Njienzongteu, en abrégé Njienzong (3è nom de la version de 1984)
Enfin il y a le problème de la présence de 2 Ntotanha dans la version de Raynier. Le premier (4è rang) est manifestement une erreur).
Au terme de cette analyse, la généalogie des Fo’o Ndong se présente comme suit : (nous transcrivons les noms en nous rapprochant le plus possible des sons de la langue Bafou).
1- Njiemeza, le Fondateur
2- Ndaptchou 1er surnommé Njiemetontchou
3- Njiemezanzong, en abrégé Njiemeza
4- Njienzongteh, en abrégé Njienzong
5- Lepac Nzac surnom Fokekeok
6- Mboupte (surnom)
7- Agne’o Peoh (surnom)
8- Ndaptchou II
9- Zebaze surnommé Fozap
10- Ndongmo surnommé Nto’o Tang’ha
11- Tenkongmo surnommé Ntchounglepap
12- Kana 1er surnommé Nkonglah (mort le 28-10-1929)
13- Ngouajio Jean (1929-1959)
14- Kana II (1961 - 1994)
15- Kana III (1994 - …)
3- Le nom Fo’o Ndong donné à la dynastie
Le nom générique Fo’o Ndong donné à la dynastie de Bafou a suscité beaucoup d’interprétations que nous ne jugeons pas utile de présenter ici parce qu’elles sont toutes fantaisistes ou acrobatiques. A notre avis l’explication serait pourtant simple. En effet, il est probable que Fo’o Ndong dérive de Fo’o Ndong-mo selon le principe déjà présenté d’ « abréviation » par élimination compensatrice de la syllabe terminale ». L’usage de ce nom remonterait donc au 10e Chef de la dynastie qui s’appelait Ndongmo. La transmission aux héritiers relève d’une pratique bamiléké bien connue.
4 - Comparaison avec d'autres généalogies de la region
II est intéressant de comparer le nombre de Chefs que compte la généalogie des Fo’o Ndong avec ceux des chefferies voisines et de celles conquises par Bafou.
Tableau No 1. Nombre de Chefs enregistres a certaines dates significatives par Bafou, ses sous­ chefferies et les chefferies voisines
Dates Chefferies
et Sous Chefferies
Vers 1900 a I'arrivée
des Allemands
1934 – 1935
1989
Bafou
12
13
14
Sous Chefferie de Ndziefeng
Sous-Ch. de Fokamezo
Sous-Ch. de Bantzengla
Chefferie de Baleveng
Chefferie de Fongo Tongo
Chefferie de Foto
Chefferie de Fotomena
Chefferie de Bamendou
17
10
8
8
7
4
6
9
18
11
10
10
8
6
7
10
19
13
11
12
9
7
9
12
Le tableau No 1 pressente cette comparaison non seulement à la date d'aujourd'hui mais aussi a deux dates significatives du passe: 1934-1935 où les administrateurs coloniaux ont mis par écrit pour la première fois I'histoire des chefferies de la region de Dschang, et vers 1900 à l’arrivée des Allemands. Le recours à cette dernière date vise à corriger les effets perturbateurs des pendaisons par les Alle­mands de Chefs hostiles à leur domination ainsi que ceux des assassinats et des exécutions de Chefs intervenus à l'occasion et à la suite des troubles qu'a connus le pays bamiléké au moment de l’indé­pendance du Cameroun (1959-1960), phénomènes qui ont accéléré artificiellement le rythme de succession des Chefs dans certaines Chefferies. En tenant compte de cela, il apparaît que le nombre de chefs enregistres à Bafou est voisin de ceux de Fokamezo et de Bamendou, dépasse légèrement ceux de Baleveng, de Bantsengla et de Fongo-Tongo, et dépasse sensiblement ceux de Foto et de Fotomena ; mais il est très largement dépassé par celui de Ndziefeng. Ces rapports traduisent proba­blement les degrés d'ancienneté des généalogies concernées.
5 - Profondeur chronologique
La tradition orale étant muette en ce qui concerne la chronologie, c'est grâce aux archives que nous connaissons quelques dates de la généalogie des Fo’o Ndong. La plus reculée de celles-ci concerne la mort de Kana 1er survenue le 28 octobre 1929. Nous savons aussi que c'est sous ce meme chef que sont arrives les Allemands dans la region de Dschang vers 1900. Pour la période antérieure nous avons identifié un seul événement historique a la fois positionné par rapport a la généalogie des Fo’o Ndong et date dans les archives. Il s'agit de l'invasion de Bafou par les Bali-Tchamba, dont la tradition orale dit qu'elle est survenue vers la fin du règne de Fozap alors vieux a pris fin au début de celui de son successeur Ndongmo surnommé Nto'o Tang'ha, et que Chilver place entre 1930 et 1935. Ainsi donc entre 1835 et 1929 ont règné Nto'o Tang'ha, Tenkongmo et Kana 1er, soit une durée moyenne de 31 ans par règne. On peut arrondir cette moyenne à 30 ans et l’étendre à tous les chefs antérieurs, ce qui ferait commencer le règne du fondateur en 1565. Cette date n'ayant pas un caractère absolu, on peut dire que la dynastie des Fo’o Ndong a été fondée dans la seconde moitie du 16e siècle.



















18/05/2013

LE ROYAUME BAHAM historique de la cour royale


Le Royaume du Peuple Baham

GUA GUEFFA TA'A TOMDJAP

Sa Majesté POUOKAM II Max, Roi des BAHAM


  
HISTORIQUE DE LA COUR ROYALE

 Parmi les 90 Chefferies plus ou moins étendues et puissantes établies depuis le XIVè siècle après Jésus-Christ la Chefferie de Baham, d'une superficie moyenne actuelle de 56 Km2 environ n'est pas des moindres.
La Chefferie de Baham a été fondée par de chasseurs issus des vagues migratoires des Bamiléké sur les Hauts Plateaux.
A l'arrivée du fondateur sur le lieu géographique actuel, il y avait de petits groupes de peuplement n'ayant pas de leader. C'est ainsi qu'il s'évertuera par ruse ou par force à soumettre ces groupuscules à son autorité, comme on en sait aussi de l'histoire d'autres cours africaines ou européennes. Les vestiges du symbolisme de cette autorité ne manquent pas, à l'exemple du "Nto'o" à  "Sim Kaing" à Baham, lieu-dit de la première case du fondateur.
Les dynasties qui ont permis par fusion le création de la dynastie Baham sous l'impulsion du groupe fondateur venu d'outre-Noun ont pour nom :
    - la dynastie de MOUDJO, très ancienne, mais déjà essoufflée,
    - la dynastie des ZUDOM, chef des NGWA,
    - celle de ZUDIE, chef des MEUWAIN,
    - celle de DENDJI, chef des GUIGUI ...
dont les territoires sont encore visibles à Baham
Depuis ces temps immémoriaux, l'histoire nous a été transmise par le tremplin plus ou moins fragile qu'est la tradition orale jusqu'aux dépositions écrites de la période coloniale. Pour avoir puisé à toutes ces sources nous proposons la liste dynastique du trône de Baham comme suit :
    * 1. TAMDJA (Fondateur) Chasseur en Chef
    * 2. NDEPA KOUOKAM, fils de TAMDJA
    * 3. KAMMOGNE (l'un des jumeaux fondateur de Bayangam), fils de NDEPA KOUOKAM
    * 4. MBOUSSU, fils de KAMMOGNE
    * 5. TENTSEDO'O, fils de MBOUSSU
    * 6. KENT SEKOUA, fils de TEINTSEDO'O (Le Guerrier)
    * 7. TAGUIATSEU, fils de KENTSEKOUA
    * 8. KAMDEM I (Noutsha), fils de TAGUIATSEU
    * 9. KOUOKAM II (Nindzou), fils de KAMDEM I
    * 10. KAMDEM II (Guemdjo), le réputé humaniste, fils de KOUOKAM II
    * 11. POUOKAM (Guiakam), fils de KAMDEM II
    * 12. KAMWA Marx (Ngayap), fils de POUOKAM
    * 13. KAMDEM III NINYIM Pierre (Mekeu), fils de KAMWA
    * 14. TEGUIA Jean-Marie (Demgne), fils de KAMWA
    * 15. POUOKAM II Max (Matchuenkam), fils de TEGUIA
L'avènement de POUOKAM I coïncide avec la pénétration étrangère sur le plateau Bamiléké et son règne est très écourté.
KAMWA NGAYAP Marx lui succède jusqu'à sa disparition en 1954. La crise du pouvoir atteint dès sa mort son summum : le trône et la chefferie seront durement éprouvés durant les troubles de 1955 à 1960. Maintes fois incendiée, la chefferie perd alors son cachet traditionnel ancestral passé sous la flamme. Une fois la paix retrouvée voici à vos yeux les réminiscences empreintes d'un modernisme qui se cherche.
Somme toute, un trône séculaire qui a connu des hommes célèbres et méritants, et je citerais entre autres :
* KAMDEM II (GUEMDJO),
    fils de KOUOKAM (Nindzou), réputé le plus grand humaniste Chef Baham "GUA GUEFA TA'A TOMDJAP",
* KAMWA NGAYAP Marx :
    par sa témérité et son sens de développement, il a marqué la conscience des autorités coloniales et autochtones.
* KAMDEM III NINYIM Pierre,
    l'intellectuel qui, n'eurent été sa jeunesse et la précocité de son génie, aurait comblé l'attente de la communauté Baham.
* TEGUIA KAMWA Jean-Marie,
    chef de la réconciliation au lendemain de la période triste.

Avec la disparition de ce dernier Chef au trône, une page nouvelle de l'histoire est tournée et la communauté toute entière souhaite que le nouveau responsable soit :
    - Un Rassembleur d'hommes,
    - Un porte-parole de renom,
pour revigorer ce trône qui normalement a sa place au premier plan des trônes Bamiléké.
Puisse, dans la paix, la concorde et l'unité, s'accomplir ce voeu si cher à toute la communauté Baham pour le bien-être de notre chère Patrie le Cameroun.

Par NKENMOGNE KOUAM François 
ight © 1999-2013 Royaume Baham.

HISTOIRE DES BAMEKA

site du village bameka
 
Les fondateurs de quatre groupements de l'ancien département de la Mifi sont Bamendjou, Baméka, Bamoungoum et Bansoa, qui parlent le nguemba ce qui veut dire "je dis que eh ..."
C'étaient les enfants d'une famille de la dernière vague des populations bamilékés chassées par les Bamoun, eux-mêmes poussés par les Tikar vers le XVIIe siècle.
Les appellations des villages suscités viennent des noms que les parents de ces enfants leur donnèrent du fait de certains traits caractéristiques de leurs comportements, ou de leur statut même dans la famille.
C'est ainsi que le premier-né, enfant naturel, ne devait pas être bien accepté par son père adoptif, chef de famille. À chaque bêtise, le père s'exclamait : "JÔ MU'NDJWO WA LET LA'LA" ce qui veut dire "voici un petit malheur qui me colle à la peau".
Ses frères prirent donc l'habitude de l'appeler "Mu'djwo", "petit malheur". De là vint le nom du village qu'il fonda plus tard et qui est aujourd'hui appelé Bamendjou.
Le second (premier né du couple) aimait beaucoup pouponner son petit frère. Ce faisant il le serait tellement fort contre lui que leur maman s'exclama un jour :
"MANA'H NKATCHE MÈ TA CHIA", c'est-à-dire "cet enfant étreint trop le bébé".
Dès lors ses frères l'appelèrent "MU NKATCHE" (diminutif de MU-NKA), ce qui donna le nom "MU-NKA" au village qu'il fonda plus tard aujourd'hui appelé BAMÉKA.
Le troisième était gentil et serviable, qualités qui lui valaient d'avoir toujours un peu plus que les autres et d'être par conséquent rassasié.
Un jour sa maman s'en émut et dit : "MANA'H NKWONG NGOUGOUM NE TSIT TA TCHIA" ce qui veut dire :"cet enfant aime faire le malin pour être rassasié". On l'appela dès lors "MU-NGOUGOUM", "petit malin" d'où vint le nom MU-NGOUM du village qu'il fonda plus tard aujourd'hui appelé BAMOUGOUM.
Le quatrième très querelleur, était souvent source de confits et de tension entre ses frères .Un jour ses parents l'appelèrent et lui intimèrent cet ordre : " TCHO YI SATCHE PEUMEMA POH", ne sème plus la discorde entre tes frères.
De "NE SATCHE" = désunir viendra le nom "SSA" qu'on donna à cet enfant qui fonda plus tard le village le village "NSAAH" aujourd'hui appelé BANSOA.
Face à l'insuffisance des terres cultivables et de terrains de chasse dans leur région d'origine, les quatre frères quittèrent leurs parents et vinrent s'installer sur l'emplacement actuel de BAMÉKA où ils vécurent ensemble pendant quelques années avant de se séparer à cause des conflits qui les opposaient régulièrement.
Le premier alla s'installer au Sud-Ouest de BAMEKA et fonda le village BAMENDJOU.
Le second resta sur place et fonda le village BAMÉKA.
Le troisième alla fonder au Nord de BAMÉKA le village BAMOUGOUM.
Le quatrième se retira au Nord-Ouest de BAMEKA pour fonder le village BANSOA.
Comme dans chaque famille les enfants se regroupent très souvent par affinités naturelles. " MU-NDJWO " était très lié à " MU-NKATCHE " tandis que " MU-NGOUGOUM " s'entendait bien avec " SSA ". Ce regroupement deux à deux des quatre frères se perpétra en se consolidant même après leur séparation. Ceci explique sans doute pourquoi, tout au long de l'histoire, certains pratiques de la succession à la tête de ces quatre groupements sont restées bien établies, et même érigées en loi. C'est ainsi que le Chef BAMENDJOU " arrête " le Chef BAMÉKA et vis versa : le Chef BAMOUGOUM " arrête " le Chef BANSOA et vice versa.
De la création du village à nos jours seize chefs se sont succédé à la chefferie BAMÉKA. Le chef TAKOUKAM JEAN RAYMOND a succédé à FEUH NTCHINDA qui était le 18ème de la dynastie.

Organisation

Du fait que la succession se fait de père en fils ou de frère à frère, nous pouvons considérer les chefferies bamilékés comme des royaumes. Dès lors BAMÉKA devient naturellement le royaume BAMÉKA et le chef, le roi (même s'il y'a pas de couronne).
Tous les royaumes du GRASSFIELD (nom de baptême donné par les colons qui veut dire sol fertile et qui représente la région des hauts plateaux de l'ouest Cameroun, allant du MOUNGO au …….. en passant par …..) sont hyper structurés.
Dans chaque royaume, le roi représente l'autorité suprême. Il incarne le pouvoir spirituel et temporel. Son entourage proche se compose des serviteurs appelés TCHEUH-FEUH et NWOLAH. Les notables appelés " NKAM " assistent le roi dans l'administration et la gestion politique de son royaume.
La hiérarchie est de rigueur dans toute la royauté. Le roi est assisté des " NWOLAH ", de " TAAH MBA " et modestement de la " MEFOH NKWONG ".
1. NWOLAH TCHOUBUM : Il est le coordonnateur des activités administratives et politiques dans le royaume. En quelque sorte le Premier Ministre ;
2. NWOLAH NO'OH : Il est celui qui assure l'ordre et la sérénité à l'intérieur du palais, une sorte d'intendant qui veille sur les femmes et les enfants du roi. Il est assimilé au Ministre de l'intérieur.
3. NWOLAH KA : C'est celui pour qui les sociétés secrètes et les associations n'ont pas de secrets. Il fait le lien entre eux et sa majesté. C'est bien le Ministre Chargé des Relations.
4. TAAH MBA : C'est l'aide de camp de sa Majesté.
5. MEFOH NKWONG : C'est la première femme du Roi en quelque sorte la Reine.
Chacun de ses Ministres est assisté de deux adjoints KUETCHE et NDEFEU. Jadis ils honoraient ses services très jeunes (14 ans à 20ans).
Au bout de neuf ans de bons et loyaux services au près de sa majesté, ils reçoivent un titre de noblesse, femme(s) et bout de terrain dans le royaume en remerciement.
Dans les temps pas très lointain, les " NWOLAH ", " TAAH MBA ", et la " MEFOH NKWONG " accompagnaient le roi dans l'au-delà pour continuer à le servir par ce qu'un Roi ne meurt jamais il se repose.
Le roi se réfère souvent aux différents conseils des notables : le conseil des " sept " et le conseil des " neuf ". Les réunions des différents conseils se tiennent à la chefferie sous la présidence du Roi. Toutefois, les deux conseils peuvent être amenés à siéger ensemble à la demande du Roi. Le conseil des sept notables les " MEKAM SAAMBAH " ou les " NDZO " :
Avec le Roi ils sont considérés comme les fondateurs du village. Ils assument des fonctions religieuses. Tous les sacrifices aux dieux, l'entretien et l'animation des lieux sacrés appelés " NDAH-SI " leur incombent. Ce sont eux qui accompagnent le Roi vers sa dernière demeure.
1. MBA NDZOGANG au quartier PENG
2. NDZO TSINBOU au quartier LATSIT
3. NDZO TATSOKAM au quartier MESSENG
4. NDZO TACHUM au quartier LATSIT
5. NDZO DJOUBENG au quartier KOUOGOUO
6. TENE NDZOCHUM au quartier KOUOGOUO
7. NDZO DOUMKAM au quartier KOUOGOUO
Le conseil des neuf notables les " MEKAM-NEFEUH " ou les " MBÉ " :
C'est la plus haute chambre et la détentrice du pouvoir législatif et juridique.
A cette chambre y siège sept notables assistés du Premier Ministre, le " NWOLAH TCHOUBUM " sous l'intendance du Roi. Outre la désignation du Roi, ils statuent sur la promotion d'un notable, la destitution d'un Roi s'ils le jugent incompétent ou s'ils estiment que le Roi ne suit pas la ligne directive qu'ils ont ensemble définie.

C'est la plus haute juridiction. Sous la présidence du Roi, elle juge tout litige dont elle est saisi, et ne les transfère aux tribunaux modernes qu'en cas d'incompétence ou de refus du verdict par l'une des deux parties concernées.

L’histoire de BABOUANTOU (pas de site babouantou)

quartier batack de Babouantou

BABOUANTOU : Son évolution du XVIII° siècle à nos jours

photo de famile nouvel an batack 2013

Par NZEUDEU Isaac Théophile, Enseignant

L’histoire de BABOUANTOU qui suit est un extrait d’un opuscule en cours de publication de M. NZEUDEU Isaac Théophile, Directeur d’Ecole Publique actuellement en service à Bafoussam. Ce brave enseignant est originaire de BATACK dans le groupement Babouantou.

 GENERALITES

La chefferie Babouantou est située à 15 km environ au Nord-Est de Bafang et dans l’arrondissement de Bandja. Elle est l’une des nombreuses chefferies que compte le Bamiléké. Cette dernière forme un vaste plateau qui porte son nom ; il s’étend du 5° au 6° degré de latitude Nord, et du 10° au 12° degré de longitude Est.
Babouantou est  limité de Bandenkop et de Batié par une chaîne de collines qui prennent leur naissance à Bangou. Elles se poursuivent au delà de Batié (col de Batié) vers Foutouni. Une autre bande de hautes terres prend naissance à Badoumdjia et sépare Babouantou de Banka, Bana (col de Bana) où elle s’élève jusqu’à 2 200 m aux monts Batcha’ et Bachingou. Dans l’ensemble, la chefferie présente une vaste plaine élevée en son centre, dont l’étendue correspond à peu près aux 2/3 de la superficie totale. Toutes ses eaux coulent vers une vallée étroite et encaissée du côté de Badoumdjia ; elles forment ainsi le cours supérieur de Ngoum, affluent du Nkam.
Les pluies se répartissent sur une longue saison, allant de mi-mars à mi-novembre ; la saison sèche est atténuée par des rosées nocturnes, par les brumes et les brouillards matinaux. Les moyennes des températures se situent entre 19° et 23°.
Les travaux agricoles sont la principale préoccupation de toute la population. En dehors des cultures vivrières extrêmement variées qui se pratiquent jusqu’ici, généralement par les femmes, la culture du café, introduite à Babouantou en 1942 par le chef MONGOUE Michel, est devenue la principale activité des hommes. Les sommets des collines sont exploités en commun pour le petit élevage de chèvres et de moutons ; celui des bœufs se pratique sur les collines limitrophes du côté de Bandenkop, Bangou et Bana, par manque de terrain disponible à l’intérieur de la chefferie.
Il ne s’agit pas ici d’une étude exhaustive sur l’évolution de la chefferie Babouantou, depuis la création du hameau du chef jusqu’à nos jours ; mon intention est d’essayer de présenter quelques éléments qui, depuis le XVIIIe siècle, ont apporté peu à peu de modifications dans l’aspect physique, dans les traditions et quelles peuvent être les perspectives d’avenir de ce village.
Comme ces transformations ne se produisent généralement qu’après des chocs ou des heurts avec le monde extérieur, les principales causes sont groupées en trois étapes dans cette étude sommaire. Il est à noter cependant que ces étapes ne marquent pas d’une façon rigoureuse le passage d’un mode de vie à un autre.
En effet, le passé de Babouantou paraît obscur jusqu’en 1921, date à laquelle la première Mission Protestante a été créée à Sessieu. Ce passé ne se conserve que par des traditions orales, comme dans presque toute l’Afrique Noire. C’est ainsi que l’histoire de ce village compte beaucoup de variantes, selon l’âge, le tempérament et le sexe des informateurs (ou des informatrices).
Mais cette étude est faite au moment où beaucoup d’autres problèmes se posent à Babouantou ; une baisse sensible de la production des cultures vivrières inquiète la population qui se dit : « faut-il rentrer habiter les campagnes, si oui, que faudra-t-il faire des enfants, puisque toutes les écoles sont concentrées dans le camp de regroupement ? » Devant cette dualité, les Babouantou sont en train de constater un fait important, qu’il vaut mieux continuer à vivre dans une collectivité entreprenante, comme ils l’ont fait depuis 1960, que de retourner à une vie individuelle et misérable des années d’avant l’Indépendance.
  1. LES CHEFS AYANT REGNE AVANT LA COLONISATION
L’histoire de l’installation du premier chef Babouantou est semblable à celle des autres villages Bamiléké.
Vers la fin du XVIIe siècle, les Bamiléké, sous la poussée des Foulbé, puis des Bamoun, ont quitté le pays Tikar. Après une étape chez les Bamoun, ils ont ensuite franchi le Noun pour venir s’installer sur l’emplacement actuel qui était habité, puisque c’est au cours de cette même période de migration des bamiléké, qu’un groupe des Badoumdjia, voisins des Ndum, est allé se fixer à Bamoungoum, comme l’indique le manuel du R.P E. MVENG. En supposant que chacun des onze chefs Babouantou connus, ait régné pendant 20 ans au moins – ce qui est d’ailleurs possible puisque le chef NGANDEU a régné de 1905 à 1938, et que le chef MONGOUE Michel sera sur le trône de 1938 à 1975, S.M. KALEUK MONGOUE est au trône depuis lors. On peut dire que le premier chef Babouantou connu sous le nom de DJAMENI ordinairement appelé NDJANKEU a pris le pouvoir aux autochtones de Ndum vers la première moitié du XVIIIe siècle.
D’après la tradition orale, DJAMENI, premier chef Babouantou, est le frère jumeau de LEUKOUMENI (1er chef de Bangwa) fils du chef de Bafamgwa (Badrefam), lui-même descendant des Yola (N.E du Nigéria). A la mort de leur père, ces deux jumeaux prétendaient tous au pouvoir ; c’est ainsi qu’un troisième fils profita de ce conflit pour les renvoyer. Chacun de ces deux frères émigra avec sa famille et ses esclaves vers des lieux indéterminés.
Après maintes aventures, LEUKOUMENI devint chef supérieur à Bangwa, et DJAMENI celui de Babouantou. Ceci explique les relations d’amitié qui existent entre ces deux chefferies sœurs.
Néanmoins, l’origine du premier chef est bien connue des habitants. DJAMENI est le fils du chef de Bafamgwa (Badrefam). Ce dernier est descendu des Yola (N.E du Nigeria) vers la fin du XVIIe siècle, lors de la migration des Bamiléké.
DJAMENI et ses sujets ont dû fusionner leurs usages et coutumes avec des autochtones de Ndum (ancienne appellation de Babouantou), Ndum en Babouantou signitfie « mâle » (symbole d’énergie et de puissance). DJAMENI ayant conquis ce territoire, lui a donné le nom de « Puantu » ; Puantu est composé de « Pua » : ma main, et de « ntu » : brûler ; littéralement Puantu veut dire « j’ai vaincu tous les autres de ma main et de mon intelligence », et les Français écriront plus tard Babouantou ; le préfixe « Ba » et plus précisément « Peh » chez les Bamiléké signifie « les gens de ». (Le Bamiléké peut dire aussi Peh douala ou Badouala, ce qui veut dire les gens de Douala), le « u » en Bamiléké se prononce comme « ou » en Français ; la nuance de prononciation entre Pua et Bua est presque imperceptible dans la langue locale ; ainsi on prononce indifféremment Puantu ou Buantou.
Le hameau du chef et la société des neuf (société des grands notables) ont été mis en place par DJAMENI. Pour étendre et maintenir son pouvoir, il a créé les quartiers et a placé son représentant à la tête de chacun d’eux. La structure sociale et politique de Babouantou s’est ainsi peu à peu élaborée et consolidée.
Très intelligent, DJAMENI était un habile chasseur. Il avait parcouru toutes les brousses de Bamena, Bangou et Ndomla ; de là, il descendit vers cette vallée de Ndum, très giboyeuse à cette époque. Il s’intalla d’abord chez un autochtone du nom de PAMOU à Ngouopi, situé à 4 km environ de l’actuel emplacement du hameau du chef. Cet endroit n’était qu’une simple colline couverte de chaume. Elle délimitait les propriétés des deux chefs autochtones, FEUPI et FEUAYE. Sur le flanc de cette colline existait un endroit, « pekeupka » qui serait aménagé par ces deux chefs pour les danses et toutes sortes de grandes cérémonies. FEUPI et FEUAYE avaient précédé DJAMENI sur le terrain.
FEUAYE n’ayant pas pu accéder au trône à Bayangam ne devait plus continuer à y vivre comme il est de tradition chez les bamiléké.
Il partit avec ses sujets qui continuaient à l’appeler FEUAYE littéralement « le chef de Bayangam » et finit par se fixer dans la zone qui garde encore son nom : KOUYE, littéralement « les champs ou le domaine de FEUAYE ».
FEUPI, quant à lui est venu de BALI longtemps avant DJAMENI. Après un long séjour chez les Bamoun dans les BAPI, un complot ourdi par les serviteurs du Sultan de Noun fit partir les BAPI de leur lieu de résidence. Ils traversèrent le fleuve Noun et éclatèrent en deux groupes.
Les uns suivirent leur chef du côté de l’Ouest de Baleng derrière les Badeng. Ils forment aujourd’hui le groupement BAPI dans l’arrondissement de Baleng.
Les autres avec pour chef FEUPI, littéralement « le chef des PI » qui était suivi de 55 personnes dont trois étaient mortes en cours de route, traversèrent les hauts plateaux de l’Ouest et vinrent s’installer à Ndum (Babouantou) avec 52 personnes, les NZE TCHAPDEU à Nteu, MBEU SEPGA à Toula… sont les descendants de FEUPI.
Pour soumettre les autochtones, DJAMENI dut employer plusieurs moyens.
En sa qualité d’habile chasseur, il ravitaillait ses voisins des produits de chasse.
Ceux-ci en retour lui donnaient des filles en mariage ainsi qu’à ses serviteurs. Devenu puissant par ces moyens pacifiques, il invita FEUPI à une danse de « Zen » qu’il avait organisée. Il fut convenu que les gens de FEUPI porteraient une sorte de tunique sans manches, couvrant la tête, les bras et les jambes (« Loeu »). DJAMENI explique que cette tenue était destinée aux nobles, alors que les siens considérés comme des esclaves, devraient masquer tout simplement leur visage. Ce jour venu, DJAMENI ordonne d’alterner les danseurs. En effet, il s’était entendu avec les siens qu’à un signal qu’il donnerait en sifflant dans une corne d’antilope, chacun d’eux devrait saisir au corps son adversaire. Ce qui fut fait, lorsque la danse était endiablée. Les gens de FEUPI qui ne purent s’échapper de ce stratagème furent tous ligotés. DJAMENI lui-même se saisit de FEUPI. Ce dernier, pour conserver sa vie et celle des siens, dut signer la paix, en se prosternant devant DJAMENI, et en lui rendant tous les honneurs dus à un chef supérieur Bamiléké. FEUPI ainsi soumis, il invita FEUAYE.
Pour soumettre ce dernier, DJAMENI essaya de aire caler sa hache dans le tronc de l’arbre abattu. Il pria FEUAYE de tenir le bois écarté pour qu’il enlevât la Hache. FEUAYE obéit. DJAMENI fit sauter brusquement la hache et les mains de son ami se trouvèrent prises dans la fente du bois. Il demanda à FEUAYE de se rendre ; ce qui fut fait sans aucune résistance.
Il restait à quelques 3 km de chez DJAMENI, un troisième chef autochtone du nom de FEUNIEU. Pour soumettre ce dernier, DJAMENI plaça à côté de lui un de ses fils : FEUATCHIEU, très fort, chargé de surveiller son adversaire de très près. DJAMENI devint alors, à la fin de ces tours de force et d’adresse, le chef suprême de Ndum qu’il appela Puantou. La conquête terminée, DJAMENI ramena pacifiquement à lui tous ceux qui l’avaient précédé sur le territoire de Ndum. Il créa la société des neuf « Keupnjeu ». c’est la société des grands notables de la chefferie, la plus importante où se tient le conseil supérieur ; chaque membre y jouit des mêmes droits que le chef.
2. Babouantou de 1905 à la veille de l’Indépendance du Cameroun
Les Allemands sont arrivés à Babouantou vers 1905. Cette date a coïncidé avec la mort du chef KAMZEU et de l’accession de NGANDEU au pouvoir. L’influence des travaux forcés, des Missionnaires, des écoles, de la technique des briques sèches – bref, de la civilisation occidentale a marqué la seconde étape de l’évolution de Babouantou. Les jeunes gens qui sortaient des écoles trouvaient la vie du village inadaptée à la culture reçue des Occidentaux. Ils étaient ainsi freinés par certains interdits, d’où le début d’une forte émigration continue vers les villes et les plantations de Mungo. Les crises des années 1959 et 1960 ont désorganisé toutes les couches sociales du village et ont abouti à la création d’un camp de regroupement.
Depuis DJAMENI, dix autres chefs se sont succédés à Babouantou. Il est de coutume chez les Bamiléké, que chaque chef créé une nouvelle société coutumière, augmentant ainsi le nombre de celles qui ont été fondées par ses prédécesseurs.
PIBOU, aussi appelé KAPLUK, a succédé à DJAMENI. Il a fondé la société « Keumbap » et a fait planter les deux grandes pierres qui se dressent à l’entrée de la cour du chef, ces pierres sont appelées « Luk-la’ » (littéralement : pierres de la chefferie). Elles symbolisent l’unité de tous les habitants, car leur implantation a exigé la participation de tous les sorciers de Babouantou.
Les œuvres des six chefs qui ont suivi PIBOU sont encore inconnues. Ces chefs sont :
3 - KAMCHE
4 - TCHEKOHKIABE
5 - TCHAMGWELIO
6 - KAMOU
7 - YAMDJIEU
8 - KAMAHA
KAMZEU, le 9è chef, a été de loin, l’un des plus célèbres. La société « Ndapkeup » est sa première œuvre. Très valeureux, il avait entrepris une politique de pacification. Son armée était divisée en deux groupes : la première s’appelait « Kiodacheu » et la seconde « Pandjui ». ses guerriers se distinguaient dans les mêlées par une bande d’étoffe rouge qu’ils portaient sur la tête. Cependant le chef KAMZEU ne mettait pas son armée à la conquête des terres, mais plutôt à la protection de ses voisins. Les frontières de sa chefferie étaient en grande partie situées sur les montagnes et il ne voulait pas les violer. On ignore à quelle époque les premiers fossés (tranchées) servant de frontières entre Babouantou et ses voisins Bana, Bangou et Badoumdjia ont été creusés. Certes, il n’y a pas de frontières entre Babouantou et ses voisins Bandenkop, Batié, et Banka. En effet, il existe un traité d’amitié entre ces chefferies et Babouantou. Sous le règne de KAMZEU et de son successeur NGANDEU, cette amitié a été particulièrement marquée par la participation massive des Bandenkop, Batié, Badoumla, Bapa à la société « Pangop » dans le hameau du chef Babouantou. Avant l’arrivée des Allemands, cette société comptait plus de 150 adhérents ressortissants de ces chefferies amies.
10è MOUNGOUE Michel Richard
11è KALEUK MONGOUE Pierre
les Babouantou ont eu certes des querelles avec certains de leurs voisins. La plupart se sont déroulées sous le règne du chef NGANDEU : la coupure de la bande de terrain Ngoeukou (Bandja) ; Mvet-Kop et Tékou (Bangou).
La querelle très récente entre Babouantou et Bamechetcha’ ne découle que d’un problème de vol de bétail.
  1. La Querelle Entre Babouantou et Badoumdjia
L’origine de cette querelle est banale. Le chef Bandja avait un esclave (SOKATCHE) acheté à Bamena. Celui-ci servait du vin à boire à son maître. Un jour par inadvertance la carafe glissa entre ses mains et se brisa, le chef Bandja très fâché, promit d’infliger une rude correction à SOKATCHE et sa vente comme esclave par la suite. Cet homme réussit à s’échapper. Il courait de brousse en brousse et ateignit les environs du hameau du chef Babouantou. Capturé, cet homme devint le serviteur du nouveau maître.
Le chef Bandja renseigné sur le fait, envoya plusieurs messagers négocier en vain auprès du chef Babouantou. Ces multiples échecs énervèrent le chef Bandja qui, pour se venger coupa une bande de terrain (Ngoeukou) sur Babouanou. Les derniers affrontements entre les deux chefferies pour ce terrain datent de 1956 du côté de Fopyé, où un Bandja sur le champ de bataille cria en ces termes littéralement traduits « lancez les pierres en brousse, lancez les cailloux en brousse, les Babouantou y sont pleins ».
La zone de Fopyé a été longtemps une zone stratégique pour les Babouantou.
1er – Zone d’accès. C’est par là que les Allemands ont ouvert la première piste pour desservir le groupement Babouantou. Les ruines de leurs porcheries s’y dressent encore non loin du point sur la rivière Fopyé.
2è – Zone très fertile. Vallée au dépôt d’alluvion très importante avec prolongement sur Laangueu à Bandja : culture du café, palmier à huile et vivrière.
3è – Zone de confluence. Entre les cours d’eau venant de Baloum par Kwayap, de Batchieu par la chefferie supérieure du groupement Babouantou.
4è – Zone à sable blanc. D’où de nombreuses carrières de sable de par les lits des rivières que les rigoles des torrents.
5è – Cette zone garde en son sein un lieu sacré dont le chef supérieur Babouantou et FEUAYE détiennent seuls les secrets.
6è – La piste traditionnelle qui relie Badoumdjia à la chefferie amie Badagvet passe par cette zone. C’est par là qu’il est de coutume à tout chef Bandja de passer pour aller introniser un nouveau chef à Badagvet. On comprend donc l’importance de  cette zone à Babouantou au fil des ans.
Sous le règne de sa majesté KALEUK MONGOUE Pierre et son homologue TCHOUPE de Badoumdjia, les populations de ces deux groupements connaissent une période d’accalmie et une assistance mutuelle. C’est ainsi qu’il souhaitent que de bonnes volontés réparent le vieux pont de Fopyé pour le bon épanouissement de cette zone riche d’histoires.
Sa majesté TCHOUPE Rodrigue, chef actuel de Badagvet depuis Août 1997 est l’homonyme que son père KEOU Joseph avait attribué comme cadeau surpris à leur hôte, sa majesté TCHOUPE de Badoumdjia un jour de Tchomté. Ce dernier était venu aider son ami KALEUK MONGOUE Pierre pour la collecte des impôts.
  1. Querelle entre Babouantou et BANGOU
La cause lointaine de cette querelle qui a connu de nombreux rebondissements au fil des siècles, relevait du fait que le chef Bangou avait demandé à son homologue de Baboouantou de s’unir pour combattre les Bandenkop et se partager le territoire conquis. Mais les Babouantou qui avaient déjà œuvré pour la paix avec tous ses voisins et ayant même scellé un pacte de non violation de territoire avec les Bangou, en enterrant un chien sur la colline qui porte le nom de « Ntock Mveuassi » littéralement le lieu où ce chien a été enterré s’élève à des centaines d’années puisque personne ne dit vraiment à quelle époque exactement cette tranchée a été creusée. L’échec des Bangou devant l’annexion des Bandenkop les a écoeuré pendant de longues années jusqu’en 1921, sous la colonisation des français qui avaient pris le poste militaire Allemand de Bana et commandé par GEREAU, le chef TAYO en cette période sur le trône à Bangou a décidé d’outrepasser le pacte de non violence et a traversé le fossé ancestral existant, pour creuser un autre à l’intérieur du territoire Babouantou ; chassant les paisibles occupants de ce territoire eet s’appropriant de leurs biens. Le chef NGANDEU sur le trône à Bbouantou ne comptait que sur le pacte de non violence qui liait leurs deux territoires. Ce litige frontalier qui faisait parfois couler du sang a duré jusqu’au 3 octobre 1996 quand le Secrétaire Général de la Province de l’Ouest, à la tête d’une commission en application des dispositions de l’arrêté 103/CAB/PR signé par le Président de la République, son Excellence Monsieur Paul BIYA, du 12 mars 1996 fixant les limites entre Babouantou et Bangou, est descendu dans la zone conflictuelle pour le repérage des 14 points de matérialisation où ont été implantées bornes géantes les 8 et 9 octobre 1996, pour sceller définitivement la fin de ce conflit qui a duré depuis 1921.
  1. Querelle entre Babouantou et Bamechetcha
Bamechetcha’ a été de longue date allié de Babouantou. La guerre qui à une période de l’histoire a opposé Bamechetcha’ Batié’ n’était qu’une guerre économique. C’est à Bamechetcha’ que les Batié’ cherchaient le chaume pour couvrir les toitures. Ce que les Bamechetcha’ ne voulaient pas ; alors un conflit armé éclata entre eux. Bamechetcha’ opta dans un premier temps à une guerre de terre brûlée. Batié’ s’y opposa avec acharnement. Les Bamechetcha’ firent appel à leur allié Babouantou qui envoya au front des vaillants guerriers sous le règne de KAMZEU. Tels NGANDEU qui succèdera à son père en 1905 et TCHANKOUE qui succédera aussi… à BATCHIEU.
Sur le champ de bataille, les alliés des Bamechetcha’ imaginèrent une astuce. Ils entrèrent la nuit en catimini au milieu des fagots de chaume stockés dans la montagne par les Batié’. Quand les Bamechetcha’ menaçaient d’incendier ces fagots de chaume, les Batié’ tentèrent de les emporter. C’est alors que sortirent de là les guerriers Babouantou qui mirent en déroute les Batié’. En guise de reconnaissance, le chef Bamechetcha’ donna deux filles à Babouantou : la mère de Tchuipou NJIYA à NGANDEU et la mère de Tchuipou KAMDEUP à TCHANKOUE. Si donc dans les années 1955-1956, il y a eu quelques affrontements entre les Babouantou et les Bamechetcha’ sur les collines limitrophes de ces deux chefferies, ce n’était qu’à cause du vol de bétail des uns par les autres, sinon les liens de mariage entre ces deux chefferies les contraignent à éviter les conflits armés.

Translate

Rechercher dans ce blog

ALBUM PHOTO

ALBUM PHOTO